La parole aux jeunes

La parole aux jeunes

par Olivia Duc | 8 mai 2020

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La parole aux jeunes

La formation professionnelle représente une priorité pour notre entreprise Evertis SA, installée à Rossens dans le canton de Fribourg. En automne 2019, trois nouveaux apprentis ont débuté leur cursus d’apprentissage en tant qu’horticulteur-trice paysagiste. Leur programme hebdomadaire est composé d’un jour de cours professionnels, dispensés à l’institut agricole de Grangeneuve (FR) et de 4 jours de travail en entreprise. Notre responsable de la formation, Olivia Duc, épaule et suit l’évolution de nos apprentis, en parallèle de son activité de technicienne en aménagements extérieurs.

Afin de vous faire découvrir le quotidien de ces jeunes professionnels, Olivia a décidé d’interviewer aujourd’hui Anaïs, qui achève sa première année cet été. Elle a débuté son travail au-sein de notre entreprise directement à la suite de sa scolarité obligatoire en niveau pré gymnasial.

Olivia Duc : Anaïs, peux-tu te présenter en quelques mots (Nom prénom, lieu de vie, âge, hobbies, …) ?

Anaïs Devaud : Je m’appelle Anais Dévaud, j’habite à Farvagny-Le-Petit et j’ai 16 ans. J’aime bien travailler chez moi à l’extérieur. Je vis dans une ferme avec mes parents et j’aime aller à l’écurie soigner les bêtes. Je m’occupe aussi de faire l’entretien autour de la maison familiale. J’ai d’autres occupations que d’être à la maison, j’aime faire la fête avec mes amis et marcher dans la nature.

OD : Peux-tu me dire pourquoi tu as eu envie de faire ce métier à la sortie de l’école obligatoire ?

AD : Depuis que je suis petite, j’aime travailler dehors. Il faut dire aussi qu’on a toujours été habitué à ça, mes parents sont agriculteurs. Lorsque j’ai dû choisir un métier, j’ai réfléchi à ce que j’aimais faire.. et rapidement le travail autour de chez moi et la nature correspondaient à ces critères. J’ai constaté qu’horticulteur-trice paysagiste rentrait dans mes ambitions professionnelles. Ce métier touche à tout; que ce soit les différentes matières ou styles de travaux. La variété du métier m’a aussi séduite. Je savais qu’en partant dans ce domaine, je n’allais jamais m’ennuyer.

OD : Tu aurais pu choisir un autre métier qui a aussi ses qualités là, comme par exemple menuisière, pourquoi spécifiquement paysagiste ?

AD : J’adore travailler avec la nature, le végétal, mais en même temps j’aime bien cet aspect de construire des nouvelles choses. Ce qui est fascinant, dans un jardin déjà en place ou autour d’une nouvelle habitation, c’est qu’on part souvent de rien, un terrain brut, et à la fin on arrive à quelque chose. Je trouve ça très intéressant.

OD : Tu n’aurais pas pu faire maçon ?

AD : Non, je n’aurais pas pu faire maçon ! (elle rigole) L’aspect des plantes et de la nature m’auraient trop manqué. Je pense que le végétal est important dans la vie.

OD : Tu aimes construire, mais tu aimes aussi la nature. Pour toi, aimer la nature, ça veut dire quoi concrètement ?

AD : Pour moi, ça veut dire j’aime les plantes, la verdure qu’on trouve dans un jardin. Je trouve qu’il y a énormément de belles constructions en pierre ou en béton, mais les plantes sont importantes de mon point de vue. Ça apporte une touche de couleur et surtout de la vie dans un jardin.

OD : Du coup, pour toi, l’aspect végétal du métier, ça évoque quoi ?

AD : Ça évoque qu’il y a de la verdure dans un jardin. Pour moi le mot verdure signifie qu’il y a des plantes dans un jardin, que ça soit de la vivaces, des arbres ou des arbustes. L’aspect du gazon ou de la prairie est aussi présent lorsque que je parle de verdure. J’aime ce côté-là car certaines plantes, comme les vivaces reviennent chaque année avec de la couleur qui ponctue les recoins du jardin. Une vie s’installe alors grâce à la végétation.

OD : Pourquoi as-tu choisi l’entreprise Evertis SA pour faire ton apprentissage ?

AD : Il y a eu trois points qui m’ont fait choisir cette boîte pour faire mon apprentissage. Premièrement, j’ai bien aimé l’ambiance lors de mon stage. Les équipes dans lesquelles j’ai pu travailler m’ont mise à l’aise tout de suite et m’ont très bien accueillie. Le deuxième critère qui a fait pencher la balance, c’est que j’aime le savoir-faire d’Evertis et l’organisation sur les chantiers. En finalité, le dépôt n’est pas très loin de chez moi, c’est donc aussi un point que j’ai regardé !

OD : Est-ce que tu as fait d’autres stages avant ou après être venue chez nous ?

AD : Non, je n’ai pas fait d’autres stages. En règle générale, je n’ai pas été acceptée dans les autres entreprises, le fait d’être une fille a freiné les gens. J’avais postulé dans d’autres entreprises de la région, 2 ou 3 mais j’ai eu que des retours négatifs. Lorsque tu m’as dit que tu m’engageais, j’ai été soulagée de l’apprendre. J’ai même été très contente. J’ai vraiment eu un déclic en faisant le stage chez Evertis et je ne me voyais pas dans une autre profession.

OD : Avant de venir chez nous, tu connaissais déjà le métier de paysagiste ?

AD : Je ne connaissais pas le métier de paysagiste, mais j’en ai entendu parlé par des connaissances. Dans un premier temps, ils m’ont bien expliqué le métier. Suite à ces discussions, je suis allée à l’orientation de l’école et visiter l’orienteur qui m’a fait un bon compte rendu de la profession. Lorsque je suis venue chez Evertis, ça été mon premier stage dans le domaine. J’ai eu la chance de pouvoir faire deux stages, un en été et un en automne. Le premier stage, m’a permis de découvrir l’envers du décor. Ensuite, j’ai postulé pour la place d’apprentissage qui était vacante et j’ai refait un deuxième stage à ce moment-là. Tu me l’as bien expliqué, les critères d’engagements et le stage faisait partie des conditions pour être sélectionner. Cette fois-là, le choix était confirmé, j’étais sûre de moi. Malgré que je n’aie pas fait d’autres stages dans d’autres entreprises, je n’ai jamais été déçue de mon choix.

OD : Si malheureusement tu n’avais pas trouvé de place d’apprentissage de paysagiste, vers quelle profession te serais-tu tourner ?

AD : C’est une bonne question ! Heu, peut-être agricultrice, mais je ne suis pas trop sûre. Je me serais tournée vers ce métier car nous avons une ferme à la maison et c’est ce que je vois tous les jours.

OD : Quel accueil t’a été réservé à ton arrivée le 15 août 2019 ? Quel a été ton ressenti ?

AD : J’ai eu un bon accueil ! J’ai commencé avec deux autres apprentis de première année, Jade et Pierrick. Nous avons eu une visite du dépôt, des infrastructures et du bureau. Suite à ça, tu nous as fait une présentation du déroulement de l’apprentissage. Le fait d’avoir pris le temps d’expliquer et de faire découvrir l’entreprise m’a soulagée et ça m’a enlevé mon anxiété. J’avais peur de commencer ce nouveau métier, il y avait encore pas mal d’inconnues.

Pour mon ressenti, au début, j’étais dans la crainte! J’étais une fille et j’entrais dans un métier d’homme, ça m’a stressé. Cette peur est vite partie car j’ai été intégrée à une super équipe. Ils ont réussi à me mettre à l’aise dès le départ de ma nouvelle aventure et toute cette peur c’est vite envolée. J’ai passé les trois premiers mois de la formation avec Steve et franchement, c’était génial. Je garde un bon souvenir de mes débuts chez Evertis.

OD : Après trois mois, tu as changé d’équipe, comment s’est passé ce changement ?

AD : Le changement d’équipe a été dur, car je n’aime pas le changement, mais ça, ça fait partie de mon caractère de base. En changeant d’équipe, je suis passée du secteur construction paysagère au secteur plantation et entretien. Il y a donc eu un changement de décor complet. La première semaine a été difficile pour moi. J’adore la maçonnerie et cet aspect de construction. Mais voilà, le métier de paysagiste comporte les deux secteurs et j’ai dû m’y faire. Il m’a fallu un temps d’adaptation, mais pour finir c’est bien allé. Maintenant, j’en suis à mon troisième changement d’équipe et ça se passe bien. Je fais principalement de l’entretien avec une personne qui est passionnée par son métier et ça me donne envie d’être enthousiaste et d’apprendre. Maintenant je connais aussi mieux les collègues donc c’est aussi plus simple de changer d’équipe.

OD : Arriver ici à 15 ans ne doit pas être facile, comment se sont passés tes débuts ?

AD : Au début, j’étais très fatiguée en fin de journée. C’est tout de même un métier physique qui change beaucoup des bancs d’école. Je tiens quand même à relever, que je n’avais pas peur de travailler. Je travaillais déjà beaucoup autour de chez moi. La fatigue était aussi de devoir s’habituer à un nouvel environnement et une nouvelle façon de travailler.

Il faut dire que je me suis directement bien entendu avec mon équipe donc il n’y a eu que du positif. Encore une fois, l’équipe dans laquelle j’ai été dès le début a beaucoup aidé. Steve, paysagiste dans le secteur maçonnerie, a été vraiment top et il m’a permis de me sentir très bien dès le premier jour. Il sait ce qu’il fait et il a une palette de connaissances très variées du métier, c’est vraiment un atout de pouvoir travailler avec des gens comme lui.

OD : Quels sont tes types de travaux préférés (entretien, plantation, engazonnement, maçonnerie) ? Pourquoi ?

AD : Je préfère la construction car on arrive sur une place, il n’y a rien et on construit quelquechose. C’est ça qui est intéressant. Dans ce secteur-là, il faut être minutieuse et précise. En plus de ça, il faut acquérir des connaissances et de la technique avant tout. C’est ça qui me fascine dans ce métier.

Les travaux « vert », ça me plait moins que la maçonnerie. J’ai tout de même bien aimé travailler avec César qui est paysagiste dans le secteur entretien. Il m’a beaucoup appris les plantes, les maladies ou ravageurs des végétaux. Il prend le temps d’expliquer les choses et il le fait bien. Malgré tout, je dois dire que la maçonnerie reste mon rayon préféré. Cet aspect de bien connaître ce qu’on fait et de devoir avoir la bonne technique me plaît plus. Je reconnais que d’être un bon paysagiste d’entretien n’est pas forcément simple. Il faut en savoir beaucoup sur les plantes pour pouvoir les entretenir et faire juste. Mais je crois qu’on ne peut que difficilement tailler faux une plante, de toute façon l’année d’après elle va repousser. En revanche, si on implante un escalier faux, il ne va pas repousser !

OD : Le métier de paysagiste évolue perpétuellement, quel est ta vision du paysagisme dans le futur ?

AD : J’essayerais de mettre un maximum de vert en ville avec les meilleures techniques possibles. Je parle des villes, car on entend beaucoup discuter du réchauffement climatique et je crois qu’il faut mettre un maximum de verdure et de végétal dans ces lieux. J’habite à la campagne, mais lorsque je vais à Fribourg par exemple, je ne vois que des immeubles, du coup le vert en ville me préoccupe. Il manque, selon moi, du vert, des couleurs, enfin du végétal quoi ! Ma solution pour remédier à ça, il faudrait faire plus de murs végétalisés, de bacs végétaux et des toits végétalisés. On pourrait même faire plus de parcs en ville et des espaces dédiés au jardin.

Si je sors de l’urbain, et de la ville, et que je reviens au niveau du client privé, ma vision est d’amener assez de végétal. Il faut trouver un compromis entre le minéral et le végétal. J’ai pu voir en cours qu’un talus en cailloux retiens plus la chaleur qu’un talus végétalisé. Lorsqu’on met des pierres dans un talus ce n’est pas idéal. Il faut mettre une bâche en plastique, l’aspect écologique est donc discutable avec un tel talus.

Comme j’aime la maçonnerie plus que les végétaux, je pense qu’on arrive lier les deux aspects du métier, soit la pierre et le végétal. Ce qu’il faut, s’est persuader le client de lier les deux choses. On peut construire quelque chose de végétalisé.

OD : Tu n’es qu’en première année d’apprentissage, mais finalement, les deux prochaines années vont vite passer. As-tu réfléchi à ton avenir dans le métier ? Si oui, que souhaites-tu faire (HES, Brevet, ES, prof, autre…) ?

AD : Je n’ai pas encore réfléchi à ça je dois avouer. Sur le moment, ce que je peux te dire, c’est que je voudrais travailler dans le métier que j’aime faire. C’est-à-dire de continuer sur le chantier comme je le fais aujourd’hui. En parallèle de ça, je souhaiterais commencer par former des apprentis. Pour moi il est important de transmettre mon savoir-faire au plus jeune qui ont envie d’apprendre ce métier.

Je pense que dans un futur un peu plus loin, je voudrais devenir technicienne, comme toi. Je voudrais faire mon brevet fédéral et cette formation pourrait m’être utile pour gravir les échelons dans le métier.

OD : Transmettre le métier à des jeunes n’est pas toujours simple. Tu dois le remarquer dans l’entreprise du fait que tu n’es pas la seule apprentie. Ça ne te fait pas peur d’être face à des personnes qui ne sont pas toujours motivées ?

AD : Non ça ne me fait pas vraiment peur. J’aime bien essayer de capter l’attention des gens. J’emploierais une méthode qui va plus dans le sens du jeune plutôt qu’une méthode dure. Je chercherais à aller dans ce sens pour le motiver à fond. Je suis persuadée que si je transmets mon savoir avec passion, l’élève à son tour pourra être passionné !

OD : Merci pour cet entretien, ça a été un plaisir.



 
 

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